Les promesses de Joseph Kabila pour changer la RDC
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Le 6 décembre 2009, Joseph Kabila totalisait trois ans à la tête de la République Démocratique du Congo après son élection en 2006. A deux ans de la fin de son mandat, le président s’est adressé devant les deux chambres du Parlement. Au menu de son discours, l’état de la nation.
Le président de la République prononce, une fois l’an, devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès, un discours sur l’état de la Nation». C’est en se conformant à cette exigence de l’article 77, alinéa 3, de la Constitution que Joseph Kabila s’est adressé aux députés nationaux et sénateurs le 7 décembre 2009 au Palais du Peuple, à Kinshasa. Dans son discours, le président congolais a fait, non seulement le bilan de ses trois ans passés à la tête du pays depuis son élection, mais il a également fait l’inventaire de la situation sécuritaire, économique et sociale. Sur le plan sécuritaire, Joseph Kabila s’est dit flatté d’avoir gagné le pari fou de la pacification de l’Est de la RDC et de voir le drapeau congolais flotter sur l’ensemble du territoire national. A ce sujet, il est revenu sur les opérations militaires menées contre les Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) qui sèment la désolation dans les provinces du Kivu depuis 1994 et les rebelles ougandais de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) qui opèrent dans la Province Orientale. Malgré ces victoires militaires, le président congolais a, tout de même, reconnu que l’heure n’est pas à l’autosatisfaction. «La paix doit être consolidée et les conditions de vie des populations congolaises au Kivu, comme partout ailleurs, demeurent largement en deçà de leurs légitimes attentes», a-t-il avoué. Joseph Kabila a profité de cette occasion pour mettre en garde les signataires des Accords de paix du 23 mars 2009 qui seraient tentés par une nouvelle aventure. «Je rappelle, qu’aux termes de l’amnistie leur accordée, toute récidive mettrait fin au pardon du peuple congolais», a martelé le président congolais. Sur les plans économique et social, Joseph Kabila a relevé que la RDC a fortement ressenti le contre-coup de la crise financière et économique mondiale. «Elle a dû, selon lui, revoir son cadrage macro-économique, ainsi que le rythme de son ambitieux programme de reconstruction. Les réformes courageusement engagées sous ma direction pour relancer notre économie depuis huit ans, et les sacrifices stoïquement acceptés par notre peuple durant la même période se sont avérés payants. Même s’il est vrai que les dividendes sociaux ont dû être remis à plus tard». Parlant de son programme d’action connu sous le nom des Cinq chantiers, le président congolais a souligné qu’ils ne sont pas l’affaire de l’Etat seul. A ce sujet, a-t-il indiqué, l’accent a été mis sur l’amélioration des infrastructures de transport, ainsi que sur la fourniture, au secteur agricole, des équipements et intrants nécessaires à son développement intégral. Changer la face de la RDC Parmi ses réalisations, Joseph Kabila a cité la réhabilitation des tronçons Kenge - Kikwit, Lubumbashi - Kasumbalesa, Beni - Kisangani... ainsi que l’élargissement des boulevards du 30 juin et Lumumba à Kinshasa. Il n’a pas oublié certains grands bâtiments modernes en construction dans la capitale. Devant les parlementaires, Joseph Kabila a avoué que tous ces projets sont censés changer la physionomie de la RDC : «Naturellement, un grand pays et, potentiellement, une grande puissance, cette dernière, avec ses 65 millions d’habitants appelés à devenir 80 millions d’ici à 2025, est fondée à décliner son avenir en termes de grandes ambitions. C’est pour cette raison que, dès l’année prochaine, l’accent dans la mise en oeuvre des Cinq Chantiers sera déplacé du secteur des transports aux infrastructures scolaires, hospitalières, de génération et de distribution d’eau et d’électricité, ainsi qu’à celles liées aux nouvelles technologies de l’information et de la communication». Pour gagner son pari, Joseph Kabila a annoncé qu’une enveloppe de un milliard quatre cent millions de dollars est prévue à cet effet pour la seule année 2010 dans le cadre des contrats signés entre la RDC et le Groupe d’entreprises chinoises. Reproches au gouvernement Le président congolais a reconnu que l’initiative privée était bridée, voire découragée, par le climat des affaires. «J’ai donc décidé de faire de l’amélioration du climat des affaires un objectif prioritaire, un de ceux sur lesquels devra être jugée l’efficacité du Gouvernement, testée la cohésion de la majorité gouvernementale, et évaluée la qualité de notre administration et de notre système judiciaire», a-t-il promis. A ce sujet, s’adressant à son Gouvernement, il a eu ces mots : «Dans ce domaine comme dans bien d’autres, aller d’études en études, de conseils d’experts en conseils d’experts, ce qui souvent n’est qu’une excuse pour ne rien faire». D’après lui, le Gouvernement a déjà identifié une dizaine de mesures allant dans ce sens. Je lui assigne donc des objectifs complémentaires à atteindre impérativement d’ici la fin du mois de mars 2010. Parmi ces objectifs, il y a l’adhésion de la RDC à l’OHADA, mesure essentielle pour rassurer le secteur privé sur une préoccupation capitale : la sécurité juridique. Enfin, sur le plan diplomatique, le président Kabila s’est dit heureux de voir la RDC faire son retour sur l’échiquier international avec la tenue, en 2009, à Kinshasa, des sommets de la CEEAC et de la SADC, mais aussi de la Conférence internationale de la femme noire. Réactions des acteurs politiques Trois ans après, affirment certains députés de l’opposition, les promesses de Joseph Kabila n’ont pas été réalisées, notamment en ce qui concerne l’opération «tolérance zéro» et la lutte contre la corruption. Député national et vice-président du groupe parlementaire de l’opposition, Me Lumeya estime qu’il n’y a pas d’impact visible sur les deux volets de la politique annoncée alors par le chef de l’Etat. «Ce qui était dénoncé avant les élections persiste et s’enracine, relève le député. La corruption est une gangrène et un mode de vie en RDC. Aucun dossier n’est traité sans qu’on exige un certain pourcentage. Nous sommes un peu déçus». Dans le camp présidentiel, on voit plutôt les choses autrement. Le PPRD Jean Mbuyu, élu du Katanga, estime que les choses marchent bien et espère que le programme du chef de l’Etat va aboutir. Giscard ABETY
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