Les débats sur le projet de loi organique portant organisation et fonctionnement de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) ont démarré le 3 décembre 2009 à l’Assemblée nationale. En son article 7, ce projet de loi consacre l’exclusion de la Société civile du bureau de la CENI. Dans les rues de Kinshasa, cette question suscite des réactions en sens divers.
Jean-Louis Bandole, évangéliste, Lemba : «Exclure la Société civile, c’est planter déjà le décor de la tricherie lors de futures élections» Il est important que la Société civile puisse avoir un quota au sein du bureau de la CENI. Cela est d’autant évident que la majorité parlementaire et l’opposition constituent les deux parties engagées dans la course aux différents postes électifs. D’où, il faut la présence d’une troisième force dont la tâche consistera essentiellement à consolider le rôle de la surveillance et du contrôle des cas de tricheries et autres fraudes électorales. Exclure la Société civile n’est qu’une façon de planter déjà le décor de la tricherie lors des futures élections. Merveille Koto, secrétaire, Gombe : «En RDC, la Société civile ne diffère pas de la société politique» Je ne suis pas favorable à l’entrée de la Société civile dans le bureau de la CENI. Sa présence au sein du bureau ne changera pas grand’chose. Je suis convaincue que si les acteurs de la Société civile entrent au bureau de cette structure, ils vont prendre une coloration politique. Car, en RDC, la Société civile ne diffère pas de la société politique. En plus, s’impliquer ou soutenir le processus électoral ne signifie pas qu’il faut être nécessairement membre du bureau de l’organe chargé d’organiser les scrutins. Gaspard Baila, journaliste, Ngaliema : «Les opérateurs politiques viennent de dévoiler leurs agendas cachés» La répartition proposée par le Législateur dans l’élaboration de la loi organique sur la composition du bureau de la CENI crée un déséquilibre. Je propose que, sur les sept membres du bureau, que la majorité et l’opposition disposent, chacun, de deux membres et que la Société civile en compte trois. En envisageant de marginaliser la Société civile, une fois de plus, les opérateurs politiques congolais viennent de mettre à nu leurs agendas cachés face aux questions électorales. Yollande Somba Elengi, étudiante, Kasa-Vubu : «La présence de la Société civile dans le bureau de la CENI rassure» La présence des membres de la Société civile dans le bureau de la CENI rassure. Car, avec la Société civile, on peut espérer une certaine neutralité dans l’organisation des élections en RDC. Avec l’intégration de la Société civile dans le bureau, on peut arriver à parler de la démocratie. Sans cela, il sera difficile de faire confiance à la crédibilité des résultats de ces élections. Propos recueillis par Vicky BOLINGOLA
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