Equateur : à Mbandaka, la future CENI n’inspire pas confiance

A Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Equateur, la mutation de la Commission Electorale Indépendante (CEI) en Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) est perçue avec un regard teinté de pessimisme et de crainte.

 Dans les rues de Mbandaka, beaucoup y voient une prolongation pure et simple de la CEI, dont la prestation antérieure avait suscité des suspicions après la publication des résultats de l’élection présidentielle en 2006. Les habitants souhaiteraient  que la nouvelle institution soit refondée tant sur le plan de sa composition que sur celui de son fonctionnement.
 «Nous ne pouvons rien attendre de bon de la CENI. A voir seulement la façon dont l’Alliance pour la majorité présidentielle (AMP) est en train de placer les siens dans les différents compartiments de l’appareil de l’Etat, surtout dans la territoriale, nous sommes convaincus que la CENI sera noyautée et instrumentalisée par la coalition des partis au pouvoir», raconte avec amertume, Mpia Yolo, enseignant dans une école secondaire de la place.

Eviter le gaspillage
Ce sentiment de suspicion est également partagé  par de nombreux autres Mbandakais (habitants de Mbandaka, NDLR) qui mettent déjà en doute la neutralité de cette future institution que d’aucuns considèrent comme étant un changement de terminologie, mais dont on ne peut attendre un changement notable.
A ce propos, Richard Boloko, fonctionnaire de l’Etat souhaite que toute l’équipe dirigeante de la CEI ne puisse pas faire partie de la future CENI. «Ils ont fait leur temps, maintenant ils doivent laisser leur place à de nouvelles figures…», dit-il.
A son avis, les animateurs de la CENI devront être des hommes intègres choisis dans le milieu des confessions religieuses, de la Société civile et non plus dans les composantes politiques comme du temps de la transition. Richard Boloko estime que ceux-ci, au moins, jouissent d’une certaine crédibilité, si minime soit-elle, auprès de la population. «Cependant, renchérit Richard Boloko, toutes les provinces devront être représentées…».
Mpia Yolo, un autre habitant de Mbandaka, insiste sur le choix des religieux par leurs pairs et non coptés.  «Si ce choix s’opère à travers toute la RDC, ce serait une bonne chose», espère-t-il.
Certains souhaiteraient que la CENI soit la moins budgétivore possible contrairement à la CEI. L’exemple de l’élection du nouveau Gouverneur de province de l’Equateur revient sur toutes les lèvres.
En effet, beaucoup se demandent pourquoi la CEI a englouti 43.000 dollars américains pour l’organisation d’une élection dont les 108 votants, les représentants de la CEI et les policiers qui assuraient la sécurité se trouvaient pourtant sur place à Mbandaka. «C’est du gaspillage qui doit être évité dans le futur», martèle un étudiant.            
Mathieu MOKOLO
InterCongo media