La femme sous-représentée dans le système judiciaire

Les femmes sont mal représentées dans le système judiciaire congolais. Comme au niveau du gouvernement central, des gouvernements provinciaux et des Assemblées provinciales, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 35 femmes contre 929 hommes sur l’ensemble du territoire national.

Curieusement, même les juristes, les gardiens des textes de loi, ont foulé aux pieds l’article 14 de la Constitution qui rappelle que «la femme a droit à une représentation équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales».
Pour l’ONG Observatoire de la Parité, la sous-représentation des femmes dans le système judiciaire a des conséquences négatives sur la quantité et la qualité des poursuites judiciaires en matière des violences sexuelles. «Elle peut freiner l’accès des femmes victimes de violences sexuelles à la justice, parce que ces dernières éprouvent du mal à expliquer aux hommes les conditions dans lesquelles elles ont été violées», se justifie-t-on du côté de cette structure.
L’Observatoire de la Parité soutient que cette carence des femmes peut créer une mauvaise qualité de l’accueil et de l’écoute des plaignantes par les policiers, les Officier de police judiciaire (OPJ) et les magistrats. Car souvent, le personnel judiciaire masculin reçoit avec suspicion ou désinvolture les plaintes des victimes et se révèle peu attentif au respect de leur dignité et de leurs droits. Bien plus, argumentent les animateurs de l’ONG précitée, il y a un relâchement total dans la poursuite du dossier et on n’y met pas trop de sérieux.
D’après l’Observatoire de la Parité, cette carence des femmes dans le système judiciaire constitue un handicap grave pour la lutte contre l’impunité à l’égards des viols et autres violences faites à la femme. Ainsi, pour accroître le nombre du personnel judiciaire féminin, la campagne «Justice pour les femmes»  a été déclenchée pour sensibiliser les dames.
Alidha NZUZI